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Nouveautés Livres dans la collection Mémoire Vive
New books in « Living Memory » collection
Plein les Yeux, la nouvelle bande dessinée finlandaise par Harri Römpötti

Pendant le premier quart du 21e siècle, quelque 150 ouvrages de bande dessinée finlandaise ont été publiés en France, portés par une quarantaine d’éditeurs. C’est un véritable exploit, d’autant que leur nombre pouvait se compter sur les doigts d’une main en l’an 2000.
Comment un petit pays de 5,6 millions d’habitants est-il parvenu à devenir un acteur majeur sur le marché français de la bande dessinée, considéré comme le plus important au monde ? Qui sont les auteurs de bande dessinée finlandais ? Quelle est la genèse de leurs créations ?
Cet ouvrage présente les treize auteurs les plus importants publiés en France à travers des entretiens dans lesquels ils parlent de leur travail. Une brève introduction historique permet de comprendre l’évolution de la bande dessinée contemporaine finlandaise.
L’originalité graphique audacieuse du 9e art finlandais séduit les éditeurs en quête de nouveauté. Parmi les auteurs finlandais les plus publiés en France, Matti Hagelberg, qui dessine sur de la carte à gratter, est l’un des maîtres de la bande dessinée expérimentale, tandis que Ville Ranta est également le dessinateur de presse le plus connu de Finlande.
De nombreux auteurs finlandais excellent dans la pluridisciplinarité. Juliana Hyrri, par exemple, est également connue comme artiste peintre, et réalise plusieurs expositions personnelles par an.
Les femmes occupent une place importante dans le 9e art finlandais depuis plusieurs décennies. Parmi les artistes présentés dans cet ouvrage, elles sont sept, soit plus de la moitié.
L’auteur du livre, Harri Römpötti, travaille comme journaliste culturel et critique spécialisé dans la bande dessinée depuis 1989. L’Association finlandaise de la bande dessinée lui a décerné le titre honorifique de conseiller culturel pour la bande dessinée en 2001.
Les erreurs de dessin chez Hergé (petit hommage impertinent) par Benoît Marchon
Ma ligne est claire : ce petit opuscule ne cherche pas à déboulonner la statue du père de Tintin. Il se veut simplement un hommage impertinent, qui s’insère malicieusement au milieu d’une production livresque d’études universitaires et documentaires passionnantes… ou assommantes ! On dénombre en effet plus de six-cent titres sur des thématiques le plus sérieuses (la civilisation inca, la conquête de la lune, les tremblements de terre, l’histoire de la marine, etc.) et les plus hasardeuses (l’alcool, l’astrologie, etc.). Et pas moins de dix nouveaux titres (dont celui-ci !) paraissent encore chaque année, édifiant un impressionnant monument de papier autour de notre célébrissime héros à la houpette. Bien avant d’avoir sept ans, je lisais déjà Tintin. Vers les années soixante et dans le milieu qui était le mien (la bourgeoisie parisienne catholique), la bande dessinée était plutôt mal vue. On lui préférait les « vrais livres », entendez les romans. Heureusement, mes parents, eux, étaient très larges d’esprit et nous offraient des albums de BD pour Noël et nos anniversaires (qu’ils en soient ici remerciés, à titre posthume !). Ils nous abonnaient même à des journaux comme Tintin et Spirou, ce qui transformait le jeudi (où le facteur nous les apportait) en jour de fête ! On peut donc dire que « je suis tombé dans la marmite » de la BD tout petit, comme Obélix dans la potion magique. Jusqu’à mon adolescence, je n’ai lu que des albums et des journaux de BD, les relisant inlassablement. Et les albums de Tintin, à la lecture inépuisable, ont fait mon bonheur.
Quelques décennies plus tard, les tournants de ma vie professionnelle m’ont conduit à devenir responsable BD pour plusieurs titres jeunesse au sein de Bayard Presse (Astrapi, Okapi et Grain de Soleil, entre autres) note 1. Mon travail consistait à coacher les dessinateurs et, entre autres, à scruter attentivement leurs brouillons (ou « crayonnés ») pour y débusquer une perspective bancale, une anatomie tordue, un manque de lisibilité dans le dessin ou de fluidité dans le récit, un « court-circuit » entre deux cases (où le cerveau n’arrive pas à reconstituer le fil de l’histoire), etc. Après, j’en discutais avec eux pour qu’ils améliorent leur travail. J’ai ainsi acquis un véritable œil d’aigle pour repérer tous ces petits, ou grands, défauts de dessin.

Daniel Goossens, sorti de nulle part par Nicoby et Olivier Maunaye

En 1997, le Grand Prix de la ville d’Angoulême qui couronne chaque année un auteur emblématique de la profession, est pour la première fois attribué par un vote de l’ensemble des auteurs de bandes dessinées. Et comme une évidence, le premier lauréat de ce nouveau mode d’élection est Daniel Goossens. C’est dire si ce discret pilier du journal Fluide Glacial est incontournable et adulé de ses pairs. Il reste pourtant mystérieusement peu connu du grand public.
Dans le monde de la bande dessinée, Daniel Goossens est considéré comme un trésor pour happy fews. Ceux qui l’apprécient en sont inconditionnels. A commencer par Gotlib qui l’a vu arriver en 1977 avec les pages de ce qui deviendra le Messie est revenu, où Jésus le fils de Dieu revient sur terre et va pointer au bureau de l’ANPE. Tout l’humour de Goossens est déjà là. Un humour parodique qui ne ressemble à rien d’autre. Suivra une foule d’histoires courtes, jusqu’à l’improbable Vie d’Einstein puis enfin l’Encyclopédie des bébés qui en trois volumes ne nous apprend pas grand-chose sur les nouveaux nés mais s’amuse du monde médiatico-scientifique et des débats télévisés. Parce que l’auteur se nourrit de ce qui l’entoure. Émission de télé ou faits divers passent par sa moulinette avec la même gourmandise.
En 1993 paraît Georges et Louis racontent, premier volet d’une série qui court toujours, l’aboutissement de cette mécanique du gag où Goossens accouche de deux héros improbables, écrivains mal accordés et losers, prétextes parfaits pour raconter n’importe quel type d’histoire, ou décaler une situation pour l’amener dans une absurdité inopérante, sa marque de fabrique. Et nous, on rigole. Souvent sous cape, tantôt du coin des lèvres et parfois à chaudes larmes.Graphiquement, c’est brillant. Le dessin ne semble pas être un problème, Goossens sait tout dessiner avec la même aisance, des décors les plus sophistiqués aux attitudes de personnage qui poseraient problème à n’importe quel dessinateur normalement constitué. Tout ça sans aucune impression de flamboyance, passant du comique goguenard au réalisme le plus maîtrisé. Malgré cette aisance, le dessin n’est qu’un outil à faire rire. L’humour est le plus souvent basé sur les dialogues et le jeu d’acteur. Il faut dire que là aussi, chaque personnage a une voix qui nous résonne à l’oreille. Une petite ligne de « rrrr » souligne certaines phrases, et la voix rauque du fumeur excessif prend corps, tandis qu’on entend vraiment le « flblblb » qu’un autre fait en soufflant dans ses lèvres contractées. De cette rencontre entre un univers visuel à la fois solide, esthétique et référencé, et des situations complètement débiles naît une grande part du comique Goossenssien.Cette monographie est l’occasion de découvrir la virtuosité du travail de Goossens à travers une large sélection de dessins, croquis et extraits de ses bandes s’étalant sur toute la carrière de cet humoriste hors norme, accompagné d’une longue discussion à bâton rompus, l’occasion de revenir sur un parcours riche et varié, témoin de toute l’évolution de Fluide Glacial, le journal de Gotlib, qui l’a accueilli dès 1978, de découvrir un auteur aussi influent que discret, rare et adulé, dont l’œuvre n’a pas fini de nous réjouir.
Daniel Goossens est un génie, nous dit Edouard Baer. On ne peut que le croire.
META BD, mon Cours en bandes dessinées par Joe G. PINELLI
Joe Pinelli publie de la bande dessinée depuis 1984, chez plusieurs éditeurs différents. Mais depuis quelques années il s’était fait discret. Ce nouveau livre consacre son retour à l’édition. Parallèlement à son travail d’auteur, Joe Pinelli a enseigné pendant plusieurs années à l’académie Royale de Liège et COVID oblige, et a été amené à mettre en bande dessinée ses cours de dessin.
« META BD, Mon cours en bande dessinée » est donc une somme. Une somme de réflexions transmises. Une somme de ces choses que l’on pense sans pouvoir dire. Des questions qui se posent à chaque auteur ou autrices et qui, dans l’élan de la création, ne sont que rarement consignées. Au départ d’une pause forcée au printemps 2020, l’auteur a rejoint le prof. Cette séquence d’apprentissage, et non de vulgarisation, est la synthèse de cette double expérience personnelle. On y retrouve les questions qui se posent à l’auteur dans sa pratique de la bande dessinée, mais présentées de manière pédagogique. Mon cours de bande dessinée, signé par Joe, participe ainsi de son œuvre autobiographique, tout en étant très concrètement un support de cours éprouvé comme tel. Il s’adresse ainsi autant aux enseignants qu’aux professionnels soucieux d’interroger leur médium, aux amateurs de bande dessinée curieux de sa grammaire autant qu’aux connaisseurs de l’œuvre de Pinelli qui seront heureux de retrouver ses jeux et interrogations sur et avec les codes, ses références aux classiques qui l’ont nourri, son tissage singulier du texte et de l’image, bref, ses ficelles et ses facéties. » Extrait de la Préface de Fabien Denoël.

Les dernières parutions de la Collection Mémoire Vive
La collection Mémoire Vive, la seule collection de livres sur la Bande Dessinée
Liste des auteurs qui ont fait l’objet d’une monographie dans la collection Mémoire Vive :
David B., Edmond Baudoin, Enki Bilal, Alberto Breccia, Nicolas de Crécy, Dany, Franquin, Hergé, Hermann, Edgar P. Jacobs, Jijé, Marc-Antoine Mathieu, Mœbius, Séra, Schuiten, Alex Varenne, Wallace Wood.
Cette collection est dirigée par Philippe Morin
Liste des 31 auteurs qui ont écrit pour la collection Mémoire Vive :
Benoît Barale, Benoît Bonte, Laura Caraballo, Renaud Chavanne, Jean-Luc Coudray, Frédéric Debomy, Philippe Delisle, Ralph Doumit, Dominique Dupuis, Luc Duthil, Nicolas Finet, Benoît Glaude, Thierry Groensteen, Francis Groux, Manuel Hirtz, Olivier Iung, Pascal Krajewski, Guillaume Laborie, Harry Morgan, Daniel Pizzoli, Jean-Marc Pontier, Maël Rannou, Gilles Ratier, Luc Révillon, Florian Rubis, Christian Staebler, Fredrik Strömberg, Nicolas Tellop, Philippe Tomblaine.

Études, Monographies, Bandes dessinées, Livres d’images, …
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